Ils font la Communauté : Céline Herbain

La Communauté d’innovation est riche de membres issus d’horizons divers mais motivés par la transition sociale et numérique. Aujourd’hui, rencontre avec Céline Herbain de la Métropole Européenne de Lille.

 

Quelle est votre activité ?

Depuis le 1er décembre 2018, je suis Cheffe de projet « Logement d’abord »[1] au sein de la Direction Habitat de la MEL (Métropole Européenne de Lille). Je suis à la MEL depuis 15 ans, en poste au sein du pôle « Développement économique et emploi ». Mes dernières fonctions en tant que Manager couvraient les champs de l’innovation, la recherche, le design et le numérique.

 

Depuis quand faites-vous partie de la Communauté d’innovation ?

Au sein du pôle développement économique et emploi, j’étais aux premières loges de la création du Grand Barouf Numérique et de la naissance de la Communauté d’innovation. J’en fait activement partie depuis la deuxième édition du Grand Barouf. Il y a un constat : il y a de nombreux problèmes sociaux à résoudre. La question est, comment la nouvelle société numérique arrive à mobiliser les outils pour répondre à des besoins ?

 

Pourquoi faites-vous partie de la Communauté d’innovation ?

Pour deux raisons. La première étant de l’ordre professionnel et personnel puisqu’on y trouve un lieu d’échange et de rencontre. Les membres sont très motivés et presque militants. C’est enrichissant, il y a beaucoup d’idées, d’expériences et de connaissances et c’est une fenêtre sur ce qui se fait sur le territoire. On peut voir comment les autres abordent la question de l’évolution du numérique sur le territoire, avec la question des outils mobilisables pour agir autrement qui est importante.

La deuxième raison est pour ce qui est proposé. On contribue sur un domaine qui n’est pas forcément celui qui nous est propre, donc ça nous apporte des choses dans notre vie personnelle et professionnelle.

 

Qu’est-ce qui vous donne envie de revenir aux ateliers ?

Les nouvelles personnes rencontrées, l’animation participative qui nous est proposée, la découverte de nouveaux lieux… C’est aussi un temps de respiration, d’enrichissement professionnel et personnel.

 

Quels ont été les moments forts pour vous ?

L’édition 2018 du Grand Barouf Numérique a été un moment fort. En 2018, la communauté était encore en construction et au cours du Grand Barouf, il y a eu une évolution en matière d’animation et de mobilisation. Le débriefing post Grand Barouf a également permis de consolider collectivement ce que nous attendions de la Communauté.

 

Quels sont les sujets que vous aimeriez aborder ?

Je ne vais pas vous surprendre : le logement et en particulier la problématique de l’accès au logement. Comment les outils du numérique peuvent contribuer à améliorer les conditions d’accès au logement ? par exemple. Parmi les autres sujets, peut-être plus personnel, je suis intéressée par les questions du numérique et des enfants, avec l’idée d’approfondir le « triptyque » enfants – parents – numérique.

 

Comment imaginez-vous la Communauté d’innovation par la suite ?

Je souhaite qu’elle se développe en nombre et en diversité, qu’elle sorte un peu de  » l’ombre », qu’elle s’ouvre et coopère davantage avec d’autres lieux de création et d’innovation, je pense notamment aux sites d’excellence métropolitains (Euratechnologies, Plaine Images, Blanchemaille, Eurasanté, Euralimentaire, etc) mais aussi à l’incubateur Evident ! (by Initiatives et cité). Les échanges avec nos voisins belges sont aussi très fructueux en général, on pourrait imaginer de les développer, pourquoi pas dans le cadre de nouvelles journées exploratoires, ou plus ambitieux, d’un programme européen ?

Je pense aussi que les membres ont envie de laisser une trace, pour montrer la force de proposition de la communauté au-delà du Grand Barouf. La reconnaissance de la communauté passera par cette capacité à « designer » de nouvelles solutions créatrices de changements sociaux positifs et durables pour le territoire, qui pourront inspirer les dispositifs publics et privés.

Cela demande une implication plus importante de ses membres, chacun devra s’interroger sur les compétences qu’il peut apporter et le temps qu’il souhaite y consacrer. Cela pose aussi la question de la structuration ou non de la communauté et de ses besoins et ressources financiers. Aujourd’hui, l’animation de la communauté existe grâce au soutien de la MEL.

C’est donc cela qu’il faudrait évoquer à l’occasion d’un échange avec l’ensemble des membres de la communauté à l’image de ce que nous avions fait après le Grand Barouf 2018.

 

Restez-vous en contact avec certains membres de la Communauté d’innovation ?

Oui. J’y croise certains collègues de la MEL. J’ai aussi rencontré des personnes avec qui j’ai ensuite collaboré dans mon activité professionnelle. En effet, la communauté permet d’avoir une visibilité sur les talents et compétences sur le territoire.

 

Le mot de la fin ?

La Communauté d’innovation réunit des compétences, des talents et beaucoup de créativité. Je pense que c’est une ressource précieuse pour la Métropole. Il faut être attentif à son évolution, afin qu’elle ait un rôle d’aiguilleur pour les évolutions prochaines du territoire.

 

[1] L’enjeu est de réduire durablement le sans-abrisme et de passer de l’expérimentation à un processus d’accélération des actions concluantes.  Le principe étant de favoriser l’accès direct de la rue ou de situations précaires à un logement abordable, abandonnant la notion préalable de « capacité à habiter » pour privilégier un accompagnement personnalisé des personnes dans l’installation et le maintien dans le logement. Cette approche a déjà fait ses preuves aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe du Nord.

En métropole, nos partenaires sont l’Etat, le Conseil départemental, les communes, mais aussi les bailleurs sociaux, les associations travaillant auprès des personnes jusqu’à l’entrée au logement et aussi auprès des propriétaires, qui peuvent hésiter parfois à accorder leur confiance, etc. 24 territoires ont été retenus dans le cadre de l’Appel à manifestation d’intérêt lancé par la DIHAL (Direction Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement).  Dans le cadre du “club des territoires de mise en œuvre accélérée”, la DIHAL anime les échanges entre les 24 territoires et les accompagnent dans le partage d’expériences et des problématiques locales. C’est un peu comme dans la Communauté d’innovation, on cherche de nouveaux modes de faire et on échange entre acteurs, provenant d’horizons différents.