[Tribune]
Acteur du mieux-vivre à l’ère du numérique

Par Anne-Julie Clary, Administratrice du groupe VYV, Présidente de la Commission Innovation et numérique.

 

Le numérique est un levier extraordinaire pour répondre aux enjeux qui façonnent notre société et notre environnement : grandes évolutions populationnelles, maladies chroniques, progrès scientifiques, technologiques et médicaux, transition écologique, etc. Dans ce contexte de transformation, mais aussi de bouleversements économiques, de tensions politiques et de grandes aspirations sociétales, nous sommes convaincus qu’un acteur de santé et de protection sociale doit profondément repenser son rôle.

Le groupe VYV a choisi d’être un entrepreneur du mieux-vivre. Nous y parviendrons en bâtissant un groupe mutualiste capable, grâce aux opportunités que permettent les données numériques, de proposer des services personnalisés tout au long du parcours de vie de chacun. Mieux vivre, en conservant et en accédant à une meilleure santé. Mieux vivre chez soi, dans un environnement préservé et de qualité, le plus longtemps possible. Mieux vivre ensemble, en créant un écosystème global où l’individu est pris en compte. Notre rapprochement avec Arcade, 4e bailleur social français, vise ainsi la création d’un modèle innovant reliant santé et logement en plaçant l’humain au cœur de l’habitat et en intégrant de nouveaux besoins comme le maintien à domicile par exemple.

Pour ce faire, nous ambitionnons d’instaurer un cercle vertueux en matière d’usage des données. Notre but : accompagner nos adhérents dans « le mieux vivre » par des services innovants. Notre moyen : collecter et valoriser des données favorisant cet accompagnement. Notre proposition : agir en acteur responsable, en capacité de démontrer la valeur commune de ces services, et leur utilité auprès de chaque personne.

Mais avant tout, il est essentiel de conforter le cadre de confiance durable qui nous lie à nos publics depuis longtemps. Il s’agit de l’étendre à la numérisation de nos services, avec une attention particulière portée aux sujets de protection des données personnelles. Car le numérique n’est pas une fin en soi, nous nous devons d’être aux antipodes de certains acteurs qui provoquent une défiance grandissante de la population par leur usage captatif des données. Notre démarche n’est pas de posséder les données mais de permettre à chacun d’en prendre le contrôle, d’en devenir acteur, et libre décisionnaire de leur utilisation éclairée et choisie.

L’approche du Self Data dans laquelle nous nous inscrivons, en est un premier témoignage. Le groupe VYV expérimente actuellement différents projets de Self Data territorial, en partenariat avec la Fing, dans le but de comprendre les conditions de son déploiement sur les territoires. Quel pourrait-être, notamment, le rôle du citoyen dans le cadre de la production, donation, collecte et récupération de données personnelles et non personnelles.

Autrement dit, il ne suffit pas que nous soyons convaincus de la nécessité d’un traitement éthique et légal des données ; encore faut-il montrer à tous que cet engagement est indispensable à leur protection et réellement garanti tout au long de leur exploitation. C’est une action de longue haleine, qui nécessite de réinterroger l’entreprise à tous ses échelons, et de créer des dynamiques avec des partenaires qui partagent cette sensibilité.

Entretenir une relation de confiance dans le cadre de la personnalisation de services nécessite en amont un accompagnement à une meilleure compréhension des enjeux liés au numérique. Nous faisons du consentement un principe démocratique. Plus les personnes disposeront d’un regard éclairé sur l’usage et la protection de leurs données, plus elles seront à même de comprendre le cadre dans lequel s’inscrit notre approche et les opportunités nouvelles. C’est dans cette optique que nous avons initié dès 2016, un programme d’Éducation au numérique collaboratif et dont tous les contenus sont en Creative Commons. Nos premières actions ont visé la communauté éducative. Directement confrontée aux problématiques posées par le numérique à l’école, elle doit aujourd’hui se former à un rythme accélèré, à la fois pour répondre aux besoins des élèves et développer les usages pédagogiques attendus. Aujourd’hui, ces programmes d’éducation se déploient au sein du groupe, en cherchant toujours plus de pertinence au travers de nos partenariats : CNIL, Youtuber, etc.

Les réponses aux enjeux en matière de santé et de protection sociale de demain n’auront de sens et d’efficacité que si elles sont adaptées aux besoins et aux réalités locales, et si elles sont fondées sur un exercice du droit de chacun de décider par et pour soi-même en toute compréhension des enjeux. Accès à l’information et pédagogie sont donc, selon nous, indispensables. Mieux vivre à l’ère du numérique sera possible par un engagement fort et assumé à agir en responsabilité et en proximité.

 

Anne-Julie Clary

Le groupe VYV est issu du rapprochement des groupes MGEN Istya et Harmonie en septembre 2017. L’ensemble des mutuelles du groupe protège 10 millions de personnes. Il constitue ainsi le 1er pôle mutualiste de santé et de protection sociale en France, 2e au niveau européen, avec près de 40 000 collaborateurs, 10 000 élus, et le 1er opérateur de soins et de services non lucratif avec plus de 1 000 établissements de proximité.

Administratrice du groupe VYV, Anne-Julie Clary préside les travaux de la Commission Innovation et numérique.